Tarifs bancaires : Carton jaune ?

De l’art de la communication… A entendre les médias mardi, l’on pouvait croire qu’une révolution s’était opérée en matière de tarifs bancaires… Mais entre les engagements passés des banques, et le décalage entre les annonces présidentielles et les engagements écrits de la Fédération bancaire française (FBF), la révolution tant annoncée se résume plutôt en évolutions.
A également été annoncée la non augmentation des tarifs bancaires pour les particuliers en 2019. Pour l’UFC-Que Choisir, cette réponse ponctuelle ne permettra pas d’améliorer de manière durable la situation des consommateurs. En effet, à ce jour, les tarifs des frais bancaires sont trop élevés pour l’ensemble des consommateurs. La raison ? La non-harmonisation des libellés des frais d’incidents d’une banque à l’autre ne permet pas de comparer les tarifs, ce qui aboutit à ce que la mobilité bancaire ne fonctionne pas (seuls 2,3% des consommateurs concernés font jouer la concurrence, soit 3 fois moins que la moyenne européenne). Quelle est la conséquence ? La marge moyenne réalisée par les banques sur les incidents bancaires est estimée à plus de 80% !
Depuis des mois, l’UFC-Que Choisir alerte sur l’échec de la mobilité bancaire, la cherté des frais d’incidents, le manque de concurrence ou encore sur l’opacité des offres, et ce, sans réponse à hauteur de ces enjeux ! Si les annonces de lundi dernier constituent un début de réponse, il est nécessaire que celui-ci s’affine et qu’un cadre réglementaire contraignant vienne mettre en place des solutions pérennes pour les consommateurs, sans quoi, le carton jaune auquel s’exposent les banques pourrait vite devenir rouge, couleur bien connue des consommateurs dont les frais d’incidents rendent difficiles… les fins de mois !